Things will never be the same.

randee_set11_24325 Quand j’étais plus jeune, j’étais la seule de mes potes à avoir des baskets à 1000 francs. J’étais un peu la bourgeoise du groupe. Mes parents étaient toujours mariés, on vivait dans une maison et on avait 2 voitures.

Désormais j’ai grandi. Je vis à Paris et je suis bien loin de la petite niçoise french manucurée que j’ai pu être. Dans mon entourage maintenant je suis la seule à avoir des parents qui ont arrêté l’école à 14 ans. Mes parents ne sont pas reporters, écrivains, ingénieurs , journalistes ou directeurs marketing. Ma soeur n’est pas juriste, trader ou banquière et mon frère n’est ni dentiste ni informaticien. Non.
La dernière fois que j’ai vu mon frère lire autre chose que l’Equipe c’était l’an dernier, il feuilletait le Télé Loisir. Ma soeur n’a jamais ouvert un livre de l’école. Je lui faisais des résumés pour l’aider.
Ma mère me demande de lui corriger ses fautes d’orthographe pour tous les documents administratifs depuis que je suis en ce2 et le seul mot d’anglais que mon père connaisse c’est probablement OK.

Je n’ai jamais eu honte de ma famille.Et ce, même toutes les fois où ma mère est venue me chercher à l’école en survet. Même quand elle criait par la fênetre après ma soeur et moi “Si vous rentrez pas tout de suite je descends et j’en prends une pour taper sur l’autre”. Même toutes les fois où mon frère où a trouvé drôle de montrer son cul. Même la fois où je regardais un dvd dans la salon avec une copine et qu’on a entendu mon père aux toilettes.
Ma famille est la chose la plus importante de ma vie. Avec Britney et Tupac.

Sauf que je ressens cette différence de plus en plus. Mes parents n’ont pas de maison de vacances. Mes parents ne m’ont jamais emmenée au Brésil, mes parents ne m’ont même jamais emmenée faire du camping. Et quand j’ai voulu faire comme mes copines et faire une super école de commerce de celles qui coutent un bras un oeil et une défense d’éléphant, mes parents m’ont juste dit “va à la fac, c’est gratuit.”

Aujourd’hui je me sens en décalage entre ma vie ici et ma famille. J’ai rougi quand mon frère est venu me chercher au boulot avec un tee shirt de contrefaçon diesel, un bermuda et des bateaux. J’ai été gênée de présenter ma soeur à mes copines et pour rien au monde je ne mélangerai mes potes niçois avec les parisiens.

Alors oui, si je devais choisir entre celle que je suis maintenant et la niçoise que j’étais (french manucure, mèches blondes et jean diesel), je choisirais 100 fois cette vie que j’avais où tout était plus facile. Cette vie où tu connais les gens depuis l’école primaire, tu possèdes des dossiers monstrueux sur tous tes amis ,tout comme eux se rapelleront toujours de tes 17 ans, de cette fête gigantesque où tu t’es endormie à 22h. Les potes que ma mère a vu grandir et pas ceux dont je lui parle depuis 2 ans et dont elle se souviendra jamais du nom, parce que dans le fond, sont ils vraiment importants?

Sauf que je suppose que c’est ça devenir adulte. Faire des compromis entre le passé et le présent.

Mais franchement, c’est nul.

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4 Replies to “Things will never be the same.”

  1. Ouais mais toi t’as vécu à Nice. Quel intérêt d’aller au Brésil quand on est né dans une des plus belles régions du monde?
    T’es pas partie en camping? Pourquoi faire? Tout ceux qui font du camping le font sur la côte d’Azur (bon ok ou l’Atlantique), alors que toi tu as une maison sur la côte d’Azur.
    Et puis un frère en bermuda et bateau, c’est juste la classe, il a un style underground.
    Et tout le monde n’a pas de parents ingénieur écrivain ou reporter.
    Dis toi que la pseudo hype parisienne c’est du vent, comme la hype cannoise qui est supérficielle.

  2. Et le camping, c’est naze: t’es à même le sol, entourée de moustiques, y’a des bêtes qui rôdent autour la nuit, la toile de tente te colle limite au visage quand tu dors (vive le matériel de Papa qui m’avait ressorti sa tente vintage de célibataire de vingt ans d’âge pour une sortie scolaire. Résultat: tous mes potes avaient des tentes mirifiques qui se montaient en 2 secondes et qui sentaient pas le grenier, et moi je suis devenue la risée du collège parce que ma tente était moche, j’étais encore en train de la monter alors que tous les autres avaient fini depuis trois heures, et en plus, il manquait la barre de toit, du coup, elle faisait la gueule et on a super mal dormi. Et oui, j’avais réussi à embarquer une copine dans mon infortune, elle a dû me maudir en repensant au moment où elle m’avait répondu “ok” quand j’avais dit “j’ammène la tente”. Que de bons souvenirs en somme.)

    [/mode je raconte ma laïfe]

  3. je suis tellement d’accord avec ce que tu as écris que ça me fait un peu mal au coeur.

    “”Si vous rentrez pas tout de suite je descends et j’en prends une pour taper sur l’autre”.
    Et ça, c’est magnifique.

    PS: et Britney est de toute beauté sur cette photo que je n’avais jamais vue.

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